Lundi 26 mai 2008




Au début du boulevard de Lyon, 3ème étage, un salon aux murs ocres.
Ils sont une dizaine à se serrer autour des histoires, à tenter de percer les énigmes.
Des gens du quartier, d'autres qui sont venus de beaucoup plus loin.

Dehors, la pluie s'essoufle.

Quelques notes de flûte, une pincée d'accordéon,
des contes qui se déroulent et
le voyage peut commencer.







Par EPP Matthieu
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Commentaires

Visage chaleureux, boucles noires, regard un peu voyageur, Malika ouvre la porte de chez elle…Il y a un petit air d’ailleurs, ici… Rencontres dans la petite cuisine autour de quelques verres. Certains se connaissent, d’autres pas encore. On se découvre un peu. Matthieu apparaît, puis disparaît, un peu distant, déjà parti dans ses histoires peut-être… Il attend les derniers convives pour commencer. Puis, dans le salon aux tons orangés, chacun prend place, au fond d’un canapé ou en tailleur sur le parquet. Matthieu souffle dans un étrange instrument en terre cuite, on dirait une défense d’éléphant… Le son est doux et rythme l’histoire régulièrement. Nous voilà partis… Histoire d’ogre et de chaperon rouge, histoires de Nassredin qui font sourire ou encore sombres histoires de clandestins et d’océan dévoreur de rêves… La voix, posée, s’arrête, puis rebondit sur une devinette. A chacun de scruter au fond de sa caboche pour trouver une solution, plus ou moins farfelue. Rires partagés, regards d’enfants captivés, paroles d’enfant bavard qui joue avec le conteur… Quand les histoires s’arrêtent, chacun est un peu ailleurs, un peu autre, un peu au fond de l’enfant qu’il a toujours été. Un appel est fait à ceux qui voudraient apporter des témoignages, des histoires personnelles pour nourrir un projet de spectacle sur l’ailleurs et les frontières. Puis, on reprend contact avec ici et maintenant, autour d’un verre, à nouveau. On échange un peu d’émotion, de rêve, de quotidien. Certain échange en musique, les enfants en cris et en jeux. Voici un petit ogre rugissant qui court après un chaperon rouge… Merci pour cette soirée et ces rencontres. Merci de m’avoir ouvert la porte, d’avoir laissé tomber les frontières d’un chez soi et d’un groupe d’amis pour nous laisser entrer, moi et quelques autres, étrangers, presqu’inconnus, dans votre univers. On y reviendra avec plaisir, si on y est encore conviés. A moins que ce ne soit à nous maintenant de vous ouvrir une porte.
Commentaire n°1 posté par Eole COLIN le 26/05/2008 à 18h54
Merci à Matthieu pour ces airs de rêves, à Malika, attentive hôtesse, qui les a abrité, et à Eole, fille du vent, qui en ravive le souffle...
Commentaire n°2 posté par François CERVEAU le 27/05/2008 à 09h57
Qu'elle était agréable cette soirée de contes... Des regards inconnus s'y sont un peu apprivoisés. N'est-ce pas ? Se ressemblait-on tellement, pour que cela soit aussi simple, aussi vivant ? Non, je l'espère. Non, j'en suis sûre. De partager un avant et un après, chez quelqu'un, dans cette intimité, de se savoir aussi invités à ramasser en nous nos bouts d'ailleurs, voilà plutôt ce qui aura permis de la rencontre. Depuis, tandis que je puise des images aux histoires entendues, me reviennent en mémoire d'autres bribes de grands et de petits riens : la confidence reçue d'un ami, le sourire de ce vieux me dévoilant son jardin, telle passante au visage bavard... C'est la cueillette à la légère, à ce qui vient. Qu'est-ce que l'on cherche, qu'est-ce que l'on aime se raconter ? On part sans trop savoir. C'est la glane : elle se poursuit et se recommence. Ici la trace d'un autre qui m'a laissé le voir. Là un peu de moi que quelqu'un a ouvert. Dans ce coin une vie devinée, troublante, qui ne s'est pas dévoilée. Une collecte, la frontière, le voyage... Eh ! Qu'as-tu semé en moi, donneur de mots ? Je peux bien me demander où se niche mon ailleurs ! Je questionne incrédule ma géographie et reviens au dépaysement intérieur. Pourtant cela, et cela, en moi, c'est tout juste comme avant. Je me les rappelle bien, depuis toujours, les cascades de ce rire, le grain de cette peau, le son de cet objet. Oui. Tout me revient pareil. Un peu plus vivement peut-être ? Non, il y a autre chose : des mots, des visages nouveaux sont venus s'y mêler et ma musique en est changée. Votre ailleurs, vos voyages, nos rêves au pavé d'une ville ou dans les bras de Demeter... De nos mystères approchés ce soir-là chez Malika, que se déposera-t-il au fil des histoires de Matthieu ? Un écho pour d'autres que la parole enchantera à leur tour... Merci, amis inconnus ! Et au plaisir de partager encore ce qui nourrit et réveille la soif, l'appétit, et l'envie !
Commentaire n°3 posté par Charlotte Guilbert le 02/06/2008 à 20h47

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